Prothèse de la hanche, quoi de neuf docteur ?

La prothèse de la hanche :

Qu’est ce que c’est ?

Pourquoi et quand se faire opérer ?

Les avancées  sur cette intervention,

Les activités après cette opération .

Si vous êtes intéressés, lisez ce qui suit, c’est un article du Dr LUCA CAPUANO responsable du service d’orthopédie et traumatologie de l’Hôpital Bonnet de Fréjus , il nous est proposé par notre adhérent et ami Dr Fred Erick-Camus, que nous remercions chaleureusement.

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Avec plus de 740 000 interventions par an en France, la prothèse de hanche est désormais une des opérations les plus fréquemment pratiquées en orthopédie.

Chirurgie par voie antérieure mini invasive, nouveaux matériaux, rééducation améliorée après chirurgie: avec un faible taux de complications, s’il est une intervention chirurgicale qui améliore considérablement la qualité de vie, c’est bien la pose d’une prothèse de hanche tant elle résout de façon spectaculaire douleur et handicap.

Pourquoi se faire opérer d’une prothèse de hanche et quand?

Dr CAPUANO: L’indication plus fréquente est la coxarthrose (usure de l’articulation) dans plus de 70 % des cas, puis les fractures du col fémoral, les maladies inflammatoires type polyarthrite rhumatoïde ainsi que l’ostéonécrose de la tête du fémur.

L’inefficacité des médicaments contre la douleur au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, la perte d’autonomie et la dégradation de qualité de vie du patient rendent égitime le recours à la chirurgie prothétique. Avant on opérait souvent des personnes âgées et avec moins de demandes fonctionnelles.

De nos jours ce n’est pas inhabituel d’opérer des patients en pleine activité autour des 50 ans, parfois plus jeunes.

Ces patients veulent reprendre le travail et une vie normale le plus vite possible, ainsi que refaire des activités de loisir.

Pour répondre à ces nouvelles exigences, la chirurgie qui est en progression constante, a vu développer des techniques mini-invasives.

Quelles avancées au bloc opératoire en terme de technique

de pose de la prothèse de hanche?

Jusqu’à récemment encore, décrit le Dr CAPUANO, il était difficile d’éviter toutes lésions tissulaires. Le chirurgien était obligé de passer par le côté ou par la face postérieure de la hanche.

Ces techniques latérales et postérieures imposaient toutefois la section des tendons.

Même si ces structures sont suturées en fin d’intervention, elles mettent plusieurs semaines à cicatriser, ce qui explique des cas de boiterie de longue durée et des douleurs plus importantes.

La voie d’abord antérieure directe est la seule qui respecte à la fois les muscles et les nerfs. Elle a été utilisé pour la première fois pour la pose d’une prothèse de hanche en France par les frères Robert et Jean Judet au CHU Raymond Poincaré de Garches en 1947.

Son évolution mini-invasive actuelle que nous utilisons au sein de l’équipe du CHI de Fréjus, a été décrite par un autre chirurgien Parisien, le Dr Laude au cours des 20 dernières années. Elle permet un respect de toutes les structures péri-articulaires pour mettre en place une prothèse de hanche.

Nous faisons désormais une chirurgie strictement intra-articulaire.

Aucun muscle ou tendon n’est sectionné, même la capsule articulaire est simplement ouverte puis refermée en fin d’intervention. Dans mon cas, j’ai eu l’honneur d’être formé à la chirurgie par voie antérieure par le Pr. Thierry Judet , le fils de Robert Judet au CHU Raymond Poincaré de Garches où j’ai fait mon assistanat de 2003 à 2005, puis plus tard par le Dr Laude.

Depuis je suis devenu chirurgien formateur pour cette technique.

A l’heure actuelle, environ 15 % des prothèses sont faites en France par voie antérieure mais je suis convaincu que ce pourcentage augmentera fortement au fil des années, compte tenu de ses avantages

Quels résultats peut-on espérer suite à l’intervention en utilisant

 cette technique?

Dr CAPUANO: Cette intervention donne de très bons résultats en ce qui concerne la disparition des douleurs et la reprise de la mobilité et ce chez plus de 90% des patients opérés. Ces patients retrouvent pratiquement une qualité de vie normale.

De nombreux travaux dans la littérature internationale montrent des avantages de la voie antérieure mini-invasive sur le court et le moyen terme: une diminution des douleurs postopératoires, une récupération plus rapide car la rééducation peut commencer le jour même, un séjour hospitalier écourté à deux ou trois jours en moyenne, et une diminution nette du risque de luxation de la hanche: les muscles étant parfaitement conservés, ils assurent une meilleure stabilité de la prothèse.

La plupart des patients peuvent abandonner les cannes au bout de quelques jours et réutiliser la voiture 2-3 semaines après la chirurgie. Si le patient est en bonne santé et bien entouré une chirurgie ambulatoire est aussi envisageable.

Quelles avancées en termes de matériaux?

Dr CAPUANO: Les matériaux employés sont aujourd’hui de plus en plus performants et parfaitement bien tolérés. Les parties en mouvement que l’on appelle le « couple de friction » ont énormément évolué. Le polyéthylène utilisé pour la réalisation du cotyle (la demi-sphère creuse implantée dans l’os du bassin qui s’articule autour d’une tête en céramique ou en métal) est désormais plus résistant, sa durée de vie est passée de quinze à vingt-cinq ans, voire plus. Mais c’est surtout le couple céramique-céramique qui à mon avis représente l’évolution plus significative, une bonne nouvelle notamment pour les patients plus jeunes car il est inusable, décrit le Dr CAPUANO, : « Une fois posée, la prothèse tout céramique ne se détériore pas et n’abîme pas l’os: nous n’avons donc plus à réopérer, même vingt ou trente ans plus tard, pour la changer. »

 

Quelles activités après l’opération ?

Dr CAPUANO: Un patient peut progressivement reprendre sans problème toutes les activités physiques ou sports de loisirs usuels (natation, vélo, gymnastique, marche, jogging sur terrain souple. .. ). Mais il vaut mieux éviter la compétition et les sports de contact ou qui obligent à sauter (handball, football, basket. ..) 

Quant à la pratique du ski, elle est possible mais avec prudence, sous réserve qu’elle soit déjà parfaitement maîtrisée. Dans le Ci contraire, mieux vaut s’abstenir. ..

 

Nous remercions aussi  le Dr CAPUANO et de la direction HIC Fréjus Saint Raphaël qui nous ont donné leur accord pour la publication de l’article sur notre site

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